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Enfin, la scène rap française a été élargie

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Patrick Bruel est un fan de rap Fianso et 9 autres rappeurs ont mis le feu à la scène de l'Embarcadère à Aubervilliers.

Publiée le 13 May 2018 1513 vues
Publiée by: Categorie :Hacked by trunk



Enfin, la scène rap française a été élargie

Déscription :



Toujours méprisé par une partie de la population, le rap français connaît encore une croissance inattendue et imprévisible dans ses premiers pas. D'abord, en grandissant, ce mouvement a attiré un public cosmopolite. En outre, les artistes ont pu gravir les échelons de la société grâce au rap. Enfin, la scène rap française s'est développée et cette musique n'est plus la propriété d'un groupe social. Ces trois faits auraient causé la perte d'authenticité du rap. Valeur suprême du hip-hop, "authenticité" est en fait une arnaque. Explications En 2012, le rappeur Youssoupha a déclaré dans sa chanson "On se connait": "Le but de ma musique, le rap que je lui expose était de rester authentique, de ne pas rester pauvre". En résumé, le succès financier n'entraînerait pas pour Youssouphat la perte de son authenticité. Mais quelle est la définition de l'authenticité? Érigé en valeur suprême, l'authenticité a connu des variables sémantiques au cours de l'histoire du mouvement hip-hop français. Il a parfois été synonyme de "underground", ils auraient une crédibilité de la rue. La presse spécialisée aime répartir les bons et les mauvais points entre les rappeurs dits crédibles et ceux qui ne le sont pas. Certains auraient même perdu leur authenticité avec succès commercial. Le cordon ombilical qui relie les rappeurs à la rue ne devrait jamais être coupé, le quartier resterait le vecteur principal de la préservation de l'authenticité. Un bref rappel historique est nécessaire pour mieux cadrer le sujet: la confrontation entre les «rappeurs authentiques» et les prétendus «faux rappeurs» existe depuis le début des années 1990. A partir de ces débuts du rap, le clivage commence à s'élargir entre les rappeurs que les radios acceptent de diffuser ou non. Les débats entre rap pour puristes et grand public rap ne sont pas datés hier, et ne semblent pas prêts à s'arrêter. Le retour du rap français? Sent-on l'odeur du bitume parfumer l'air du rap français pendant quelques mois? La rue est officiellement de retour. Une nouvelle génération incarne ce rap, censé s'adresser aux jeunes de la banlieue. Le jeune rappeur d'Aubervilliers, signé chez Def Jam, Rémy plaît particulièrement à un public qui ne jure que par le mot "authenticité". Fianso connecte des collaborations avec des rappeurs commerciaux car après sa série JeSuisPasséChezSohe devient une "caution de la rue". Les tournages de rap dans les rues de la ville natale du rappeur sont un processus classique aujourd'hui. Au début, cela permet d'affirmer et de revendiquer son territoire, une sorte de carte de visite à présenter d'où l'on vient. Les rappeurs confirmés l'utilisent pour montrer qu'ils n'ont pas vraiment coupé avec les quartiers populaires. La musique écoute mais elle se regarde aussi. Un rappeur apparaissant dans une ville sera considéré comme crédible et authentique. Aux origines du clip de rue, on retrouve le ministère de l'AMER. avec la piste "Traitor". Nous sommes en 1991, le groupe est toujours composé de trois membres, et le spectacle culte Rapline via M6 produit le clip tourné à Sarcelles. Douze ans la Mafia K'1 Fry offre à son public "Pour ceux", présent sur l'album The Cherry on the Ghetto. En utilisant ces deux clips comme modèles, de nombreux artistes ont gagné en crédibilité en apparaissant pendant 3 minutes au bas des bâtiments HLM. Si cela peut être parfois cohérent, la mise en scène des "clips de rue" veut provoquer chez le spectateur cette phrase: "c'est un vrai, c'est authentique, ça rappe dans sa ville avec les jeunes des quartiers". Ce rap sera toujours un succès, ses codes parleront aux jeunes des villes. Les thèmes favoris des rappeurs de ghetto sont toujours pertinents. L'erreur de ne pas commettre est de décrire ce type de "vrai rap" contre les tendances de cette musique. https://youtu.be/QzoBB9NO9Dc Authentique hier, tombé aujourd'hui Le 3 juin 1991, le premier album du groupe de Saint Denis, le Supreme NTM, est sorti. Signé sur Epic, filiale du groupe Sony Music Entertainment, le duo choisit d'étiqueter son projet Authentik. Assez ironique, c'est sur l'autel de l'authenticité que sera jugé plus tard Joey Starr. Le groupe deviendra le porte-parole de la jeunesse de la banlieue. La notoriété de Joey Starr a aujourd'hui largement dépassé la portée du rap. Il est devenu une icône française, un acteur de talent apprécié par le public. Pionnier du mouvement, il n'a rien à prouver dans le hip-hop. Le succès des récents concerts du Suprême en est une preuve supplémentaire. Le milieu du rap hexagonal a pourtant trouvé que Joey Starr n'était pas crédible pour jouer un policier ou un homosexuel dans les films. En outre, l'énorme succès du groupe NTM Supreme a ouvert les portes du show business et des médias non spécialisés à ses membres. Déjà à l'époque, le cercle des puristes dénonçait la perte d'authenticité de ces artistes de Saint-Denis. Medinaregretted dans sa chanson "Random Play" que Joey est devenu "star in chains". Enfin, une question revient souvent aux oreilles de Joey Starr, à savoir son lien avec les banlieues malgré son succès. L'étiquette du porte-parole est restée collée à la peau depuis la fin des années 1980, et quand il voulait s'en débarrasser, il avait malheureusement le droit à son procès en authenticité. Rêve américain vs Hess: Booba vs Rohff L'affrontement interminable entre Booba et Rohff est le meilleur exemple de cette lutte interne avec le rap français, entre l'étalage supposé du succès et cette volonté de continuer inlassablement la rue. Soyons sérieux, Rohff s'est beaucoup vendu dans les bonnes années du rap tricolore, il était une affiche du mouvement et la liste de ses certifications est interminable. S'il n'est pas à la tête d'un empire comme Boobahe n'est pas dans la même situation financière qu'un habitant typique d'un quartier populaire. Booba cristallise une haine qui découle de la vraie jalousie. La France reste un pays où prédomine la mentalité catholique face à l'argent, une modestie face au succès, un amour du second, un culte du petit. Tout simplement, arrêtez de croire que Rohff ou d'autres rappeurs qui vous vendent cette image "je ne suis pas sorti de la rue" sont encore en bas de l'échelle sociale. C'est soit une communication ou une posture. Booba se moque du Hess, il est proche du mépris quand La Fouine dit qu'il a eu des problèmes d'accès à l'eau courante quand il était enfant. Rohff a fait de Hess une marque de commerce, il s'est positionné comme le rappeur qui parle aux gens en difficulté. Faites un sondage Twitter avec la question suivante: "Qui est le rappeur le plus authentique: Rohff ou Booba?" Rohff l'emportera. Booba n'aurait pas eu le droit de rapper en 2002 "Strass and Sequins" et en 2018 de vivre à Miami, et de revendiquer son succès. Un préjudice malheureux. Les fans de la première fois de la DUC devraient plutôt ne pas se réjouir de son succès? Les héritiers de Solaar, père du rap d'iencli Au début du rap en tant que mouvement musical en France, il s'agissait pour les maisons de disques de signer rapidement son rappeur. Au sage Solaar, les méchants NTM et les voyous du ministère AMER étaient opposés. Ils étaient des produits de la rue mais le succès a vite quitté le ghetto, ne vous y trompez pas. Joey Starr est rapidement devenu omniprésent sur les téléviseurs et il est devenu un "peuple". Il a passé des années dans les villes du 9.3, mais la rue il ne le fréquente pas depuis longtemps. Au début du match, les plus rapaces du rap français, le duo de Seine-Saint-Denis s'est rapidement fait doubler par une équipe venant tout droit du 78 Express D. Un groupe craint et respecté, loin des strass et des paillettes. MC Solaar incarnait le rôle du rappeur qui devait séduire le grand public. Il avait plusieurs armes à sa disposition pour réussir sa mission. Claude MC maîtrisait parfaitement la langue française, son style n'était pas controversé, les banlieues n'étaient pas omniprésentes dans ses thèmes. Il n'était pas un rappeur rebelle contre la société, ce n'était pas son rôle politique ou social. Il était plus d'un rappeur sociétal. À l'époque, le NTMSolaar suprême a également attaqué la simplicité du texte de son tube "Bouge de là". Le rap français n'a jamais été destiné uniquement à être politique, à être gauchiste, à être social. Il a également été un art divertissant, nous aimons les deux premiers albums de Solaar pour ses bons mots. Soyons clair, le rap français n'a jamais été uniforme. Il souffre de schizophrénie depuis son origine. Il n'a été entendu que par un public très confidentiel à la fin des années 1980. Les rappeurs ont eu du mal à sortir de la rue et à avoir accès aux radios. Quand les grands médias comme M6 ou Skyrock ont ??pris soin de lui donner une résonance, ils ont été attaqués pour ne proposer que le rap commercial. Le public du rap s'est élargi pour devenir aujourd'hui la musique la plus écoutée de France. Il a créé des vocations pour les jeunes qui n'ont pas la crédibilité de la rue. En conséquence, nous avons droit chaque année à une controverse lors des Victoires de la musique, car Big Flo & Oli et Lomepal ne sont pas écoutés par le public des villes. Les médias s'étonnent de l'absence de Damso, Booba ou Niskawithout allant jusqu'à la fin du raisonnement. Plus d'œillères, un peu de rap n'a plus besoin d'être validé par les villes pour être vendu. Lomepal ou OrelSanare aujourd'hui MC Solaar, et alors? Ils rappent pour un autre public, et peu importe si la rue n'a pas donné de timbre sur leur pochette de disque. L'authenticité ou la crédibilité de la rue sont des concepts dépassés. Ils sont même rétrogrades car c'est un léger euphémisme, une circonlocution pour dire que pour être crédible dans le rap, il faudrait être de l'immigration, avoir un passé sulfureux, si possible avec un petit passage en prison et venant d'un difficile quartier. Une connerie monstrueuse quand on voit le spectre du rap aujourd'hui. Voulons-nous que le rap reste un mouvement confidentiel? Est-ce que Black M et Sopranolost ont du talent parce qu'ils ont choisi de parler à un très large public? La pire chose dans cette lutte interne, les rappeurs non-suburbains doivent travailler dur pour obtenir la légitimité. Ils ne ciblent pas le même public mais le rap, ils sont parfois plus talentueux que d'autres artistes ayant obtenu l'accréditation d'authenticité. Certes, ils ne sont pas les représentants des quartiers populaires, mais ils parlent sans doute à une partie de la jeunesse de France. Payer le prix de la popularité Dans les années 2000, les skateurs ont écouté Sum 41, Offspring ou Green Day. La scène rock française a existé avec des groupes comme Aqme, Pleymo et Kyo. Une partie de la jeunesse a écouté le BB Brunes, portait des slims, des chaussures pointues et Wayfarer. La génération bercée par le film LOL de Lisa Azuelos. Aujourd'hui, le rock français n'est pas présent dans le top album depuis plusieurs années. La musique électro française a connu ses bonnes années, mais ne place plus un disque en tête du classement. David Guetta teint sa musique hip-hop. Aujourd'hui, les fans de backflips écoutent Lomepal, Nekfeu ou Caballero & JeanJass. Les clubs s'enflamment quand le DJ place le rap dans son décor. Le rap est partout. Skyrock n'a plus de monopole, la presse spécialisée est ultra compétitive: des signes que l'industrie se porte bien, les majors merci. Le problème du rap français, c'est qu'il n'assume pas sa popularité. Même si les pionniers rêvaient de faire des ventes, d'aller au-delà des limites des villes. Ils se sont plaints à juste titre du manque d'exposition de leur musique, du manque de respect pour cet art. Aujourd'hui, le rap semble souffrir de sa croissance excessive. Il n'y a plus de rap français, d'ailleurs il n'y a jamais eu un seul rap français. Mais nous devons digérer le fait qu'aujourd'hui tout le monde peut rap, rap et réussir dans cet environnement. Nous devons arrêter avec ce genre de phrase: "Bigflo et Oli ne sont pas ce que le public de base du rap écoute". Qui est le public de base de rap? Arrêtons cette hypocrisie. Bigflo et Oli sont légitimes comme n'importe qui au milieu. Ils ne sont sûrement pas écoutés dans les tours, et alors? Bobos écoute du rap, Master Gims va remplir un stade en France avec un public familial, le concert de Soprano Vélodrome a été diffusé sur une grande chaîne nationale, il faut s'en réjouir. Le rap offre à son public ce que tout le monde veut entendre, le rap ghetto existe toujours et le pop rap a toujours existé. Les rappeurs gagnent de l'argent, ils ont probablement gagné plus dans les années 1990, et pourtant ils sont perçus comme plus authentiques. Conclusion Le rap français souffre de cette maladie depuis ses origines. Le groupe marseillais IAM a été attaqué pour le tube "Je danse le Mia", considéré par beaucoup d'autres rappeurs comme trop public. Ils ont répondu avec la chanson "Rest Underground" avec des mots clairs et efficaces: "En fait, ce qui agace vraiment les jaloux c'est que les Mia ont beaucoup vendu quoi?" Ils font de la musique pour la gloire, je ne peux pas y croire les trottoirs, la jalousie est un putain de défaut que j'ai corrigé avec des micros, des rythmes et des couronnes de mots (...) Si être clandestin c'est être stupide et borné, qu'ils restent là où ils sont et qu'ils évitent de me connecter ". Rien n'a vraiment changé depuis, les rappeurs sont contraints à la grande brèche perpétuelle entre le désir de s'élever socialement en vendant des disques sans trahir ceux qui sont restés dans le ghetto, ceux qui constituent le cœur de leurs cotes. Le rappeur français n'est pas condamné à rester pauvre pour être crédible. Le rap n'a pas perdu son authenticité avec son succès. Le rap était nécessaire pour briser les limites des quartiers suburbains et pauvres. Depuis sa création aux États-Unis, il a été une musique pour une certaine classe populaire, mais les légendes des années 1980 et 1990, sont maintenant des chefs d'entreprise respectés: Jay Z, Diddy, Dre etc .. Alors pourquoi interdire Booba ce qui est glorifié parmi les géants de l'autre côté de l'Atlantique? La France aime l'humilité, il faut cacher son succès. Et si un rappeur comme B2o fait si mal aux puristes, c'est parce qu'il se moque des codes français, de ce mélange culturel entre islam et catholicisme où l'argent ne devrait pas être un culte. Mais l'authenticité du rap est une grande escroquerie, une hypocrisie et un leurre. Des valeurs telles que la solidarité, le partage, l'engagement sont plus concrètes que l'authenticité.





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